Le 24 mai, au collège Rosa Parks (Marseille, 15e), le projet PR2017 était parachevé par l’exposition des travaux réalisés avec les enfants de la maternelle Extérieur, du collège Rosa Parks et du lycée Diderot (BTS design d'espace). En parallèle, une exposition d’œuvres du Frac et du Fcac (Fonds communal d’art contemporain) s’ouvrait dans un espace étonnant, juste en face du collège, l’Acadel (Association pour la concertation et les actions de développement local).

Texte de présentation, écrit par mes soins :
Entre le collège Rosa Parks et la maternelle Extérieur, il y a le quartier des Crottes. Un quartier à taille humaine, riche d’une population métissée et d’un passé industriel. C’est aussi une zone visée par une grosse opération d’urbanisme : Euromed 2.
Comme si elles étaient synchronisées, les évolutions des enfants et du quartier s’annoncent fulgurantes. Qui seront et que feront ces enfants dans 5, 10 ou 20 ans? Quel visage aura le quartier dans quelques temps? On nous annonce par exemple la création d’un beau grand parc (le Parc des Aygalades) à la place de l’actuelle gare de marchandises du Canet. Par ce parc, on pourra peut-être bientôt relier la maternelle et le collège de manière très agréable.
Aujourd’hui, pour réaliser ce parcours, on voit beaucoup de bitume, peu d’arbres, le ruisseau des Aygalades est quasi-invisible, les bâtiments industriels en friche et les graffitis sont nombreux. Il y a aussi quelques déchetteries sauvages, un étonnant éco-quartier en construction, la rue de Lyon et toutes ses bagnoles, évidemment les Puces… Et bien sûr plein d’habitants et de personnes travaillant ici. C’est ce parcours en zigzag que nous avons suivi cet hiver tous ensemble (enfants de la maternelle, jeunes du collège et du BTS design d’espace du lycée Diderot), de manière à découvrir ou mieux connaître ce quartier ; son passé, son présent et son futur possible.




Une série de portraits des enfants de l’école maternelle là où ils vivent — Ateliers avec deux classes de la maternelle Extérieur
Pour fixer un instantané de ces enfants et de leur cadre de vie, nous avons d’abord réalisé avec eux une série de pancartes, à partir de photos prises sur le parcours PR2017. Les enfants choisissent une photo, nous racontent pourquoi avant de réaliser leur propre panneau. Dans un second temps, nous sommes retournés là où ont été prises les photos choisies pour réaliser ces portraits.



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Imaginer la transformation des friches du quartier en lieux de vie et d'activités — Ateliers avec une classe de 6e du collège Rosa Parks
Parce que la mutation de la ville ne doit pas être exclusivement la responsabilité des personnes « autorisées », nous avons mis les élèves dans le rôle d’aménageurs ou d’entrepreneurs. À eux d’imaginer comment transformer une friche en local pour une association ou un commerce… Chaque groupe de deux élèves a pioché au hasard une photo de friche du quartier, associée au hasard à une activité qui pourrait s’y implanter. À eux d’ouvrir et décorer la façade, de dessiner l’enseigne, de planter des arbres… Faire d’un bout abandonné de ce quartier un endroit agréable et vivant!



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Récolter des fragments d’un quartier pour composer un travail plastique — Ateliers avec les 1e années du BTS design d'espace du lycée Diderot
Avec les étudiants, nous avons réalisé une deuxième fois le parcours « PR2017 ». Cette fois, chacun-e avait pour tâche de récolter de la matière le long de la balade, selon des sujets individuellement tirés au sort (couvre-chef, graffiti, l’eau, présence des femmes, portes de la rue de Lyon, etc.). De retour en classe, des groupes de deux ou trois étudiants se sont formés, mettant en commun leurs sujets et leurs matériaux pour réaliser une composition visuelle.



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Trois ateliers pour dessiner un portrait — Exposition au collège Rosa Parks
Réunis au collège Rosa Parks, les travaux aboutis dans ces trois ateliers composent ensemble un portrait singulier du quartier comme il existe aujourd’hui. Un portrait qu’il sera précieux de voir et de revoir à mesure que le quartier et ses jeunes habitants changeront.



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Un grand merci à Flavien Odorin du Frac Paca pour tout le travail qu’il a mené pour rendre ces ateliers et expositions possibles et le soutien qu’il m’a offert. Merci à ses collègues du Frac, Annabelle et Stéphanie, en renfort! Je remercie chaleureusement les professeures de la maternelle Extérieur, Sandra Cadorin, Anne Busch-Voiry, Alexa Giunti et Aurélie Fernandez, vivement impliquées et disponibles tout au long de cette aventure. Merci beaucoup Anna Masau, professeure du collège Rosa Parks ; ça n’a pas été forcément aisé de travailler dans le cadre de la petite heure hebdomadaire d’arts plastiques, mais au final on a abouti à un bon travail je trouve! Merci à Gaël Chapon du BTS design d’espace de Diderot pour sa présence.



Il a parfois était un peu difficile de mener ce travail, étalé sur plusieurs mois, en parallèle des excursions régulières et les nombreux travaux liés à Formes Vives, mais j’ai été très content de pouvoir bosser sur un territoire qui me touche de près et que j’ai pu mieux découvrir. Travailler avec les minots a été sportif mais très chouette, notamment avec les maternelles (une première pour moi!). J’aime beaucoup la série de portraits des enfants réalisée, qui colle avec mes intentions initiales ; j’espère qu’elle pourra être montrée à nouveau par la suite, et redécouverte dans quelques années, quand le quartier et ces jeunes auront tant changé…