Nous sommes intervenus en deux temps. Les trois premiers jours, avec Adrien, les étudiant·e·s réalisent une série de carte de vœux. Un sujet qu'il a appelé « Plaisir d'offrir, joie de recevoir ». Est mis en place un système de tirage au sort, pour avoir à la base de chaque carte trois contraintes : un type de destinataire / un style littéraire (ou un « ton ») / une contrainte graphique. Une sorte de jeu, mais sincère, pour démarrer l'année civile, revisiter un rite, un prétexte pour faire exister ses propres envies, ses désirs, ses humeurs et travailler des objets graphiques comme on les aime : une expression qui s’adresse à quelqu'un de précis, d’humain, pas à une « cible » ou un groupe d’individus acéphales. Imaginer et produire avec soin un objet graphique unique et humble, qui s’adresse à une personne particulière, cela pourrait être le premier geste d’un·e graphiste. L'ordinateur est quasi-banni de cet exercice (même si la configuration de la salle plante devant chaque étudiant au gros big mac), les étudiant·e·s jouent le jeu et investissent papiers colorés, macules, peinture, dessin… On commence ainsi l'année par se dégourdir les mains, mais avec c’est la pensée graphique de chacun qui se met en ébullition.


Au début de la semaine dernière, je suis sur Rennes pour la suite et la fin de ce workshop. Trois jours pour cette fois fabriquer des calendriers. J'ai emmené les anciens programmes de la coopérative Le Pavé, les vœux-calendriers de Lézard Graphique et quelques images pour échanger.
C'est un moyen pour penser un objet éditorial en groupe. Pour réfléchir aux formes et à l'intention de ses auteur·e·s. La tentation est grande, toujours, d'illustrer plutôt que de chercher à exprimer ou à faire ressentir un point de vue, une émotion. Trois jours à discuter graphisme, mais ça pourrait être de politique. Se dire ou se redire qu'un choix par défaut ne l'est jamais vraiment, c'est bien souvent le choix des formes dominantes. Qu'il n'y a pas de choix neutre.
Une occasion de faire des images, de réfléchir à nos outils, à nos formes, de me rendre compte que, comme partout, et même après le passage d'Adrien, il est bien compliqué de se décoller de l'ordinateur pour faire les choses en «vrai».
Un essai pour dégager un travail d'auteur collectif, bien sûr fortuit, mais on perçoit des envies et des débuts d'écritures.


Quatre calendriers au final, réalisés dans le speed pour une impression hors délais, réalisée grâce à Jean-Luc Chalopin. Le Calendrier des vacances scolaires qui omet tous les autres jours, le Calendrier émancipé qui présente douze figures militantes plutôt contemporaines, le Calendrier Darien (de Mars) qui prend la mesure du Grégorien et le Calendrier qui rajoute des jours quand il en faut sans oublier le 13e mois.
Merci à Adeline, Chloé, Gaylord, Guillaume, Kalpana, Laureline, Lenaïg, Margot, Maximilie, Renan, Sarah, Tess, Tiphaine, Yasmine. Une invitation de Jocelyn Cottencin, merci à lui!