Nous sommes partis de questionnements relativement simples mais faisant l'essence de notre discipline : qu'est-ce qui définit un espace? Quels sont les éléments qui le « marquent »? Plans, arrêtes, lumière... Et cela s'est traduit par 3 installations toutes rattachées par un dispositif commun : la lumière noire.
Ce fut un vrai bonheur de voir ce projet se construire petit à petit, de mettre à l'épreuve du réel nos plans et images, de se confronter à la matière et finalement, à l'espace échelle 1! Ce fut aussi une lutte au quotidien avec la direction de notre école qui a agit comme un frein général et qui a faillit faire capoter le projet à plusieurs reprises. Cette incompréhension totale de la création (pour la première fois dans l'histoire de l'école la direction n'est pas issue d'une de nos disciplines mais de l'administration) couplée à un mépris et une absence totale de confiance en ses élèves, ont fait que nous avons eu la vie dure sur ce projet. Nous espérons néanmoins que ce type de projet, disposant d'une valeur pédagogique exceptionnelle, encouragera d'autres étudiants à se battre pour passer à l'échelle 1. Et à faire en sorte que notre direction reconnaisse son incompétence à diriger une école d'art.


Les fresques


L'idée était de donner, lors des portes ouvertes, une double lecture de notre école. Les portes ouvertes sont un moment paradoxal par excellence qui donne à voir une école aseptisée telle qu'elle n'est jamais dans l'année. Nous avons donc invité tous les élèves de l'école (années et sections confondues) à s'exprimer sur les murs de nos couloirs -bien trop propres à notre goût- avec une peinture invisible, révélée seulement pas la lumière UV, déclenchée aléatoirement lors de la visite.




 

La trame



Il s'agit ici de créer un espace privilégié, définit par une trame de fils nylon enduits de peinture UV invisible. C'est l'action du spectateur (s'assoir sur le banc) qui allume la lumière UV et qui définit son espace dans endroit habituellement peu exploité, « mort », le bout d'un couloir sombre.







 

Le cube



Installation antagoniste à celle de la trame, notre volonté était cette fois de supprimer absolument tout repère spatial : plan, arrête, aspérité d'un mur, différence de luminosité, ligne d'horizon... Nous avons donc conçu dans un « cube », un espace lisse, courbe et éclairé uniformément par la lumière UV. Il devient alors impossible de définir mentalement l'espace dans lequel nous sommes puisqu'il n'y a plus aucun repère sur lequel l'œil peut s'accrocher. Impossible également de savoir si les murs sont à 10 centimètre ou 4 mètres. Perturbant.








Ont participé à ce projet : Philippe Bonan, Aurore Chartier, Benjamin Mahieu, Pauline Marcyniuk, Maud Tyzon, Aurélien Thibaudeau, Kristina Kralova, Valentina Lazarid, Lauranne Schmitt, Hiwon Byun.
Projet réalisé dans le cadre d'un cours de muséographie mené par Roberto Ostinelli.
Nous remercions également Eleonore Dominguez, Martin Gautron et Emmanuelle Barbey pour leurs sympathiques coups de main, ainsi que les ateliers de l'école et leur chouettes techniciens. Mention spéciale à l'atelier de morphostructure.