Pour expliquer comment on en est arrivé là, rien de mieux que le manifeste rédigé pendant le workshop, lu et diffusé le jour de la clôture accompagné d'images bien entendu. Ici, le site des étudiants de l'école.



L'INDÉNIABLE (debout de l'assemblée géniale)
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Ce texte-manifeste esquisse les grandes lignes d’une pédagogie alternative à celle existante. Parce que nous considérons que la démocratie a disparu des instances, parce que les étudiants ont davantage une position de consommateurs que d’acteurs, et enfin parce que les répartitions arbitraires des moyens et les magouilles de couloirs desservent une pédagogie censée être lisible et cohérente, nous souhaitons que les mesures suivantes servent de base à une refonte en profondeur de la pédagogie de cette École. Et c’est bien parce que nous considérons les instances de l’École malades que nous mettons en place ces moyens non conventionnels et radicaux pour faire entendre notre voix.

PRÉAMBULE

Nous avons décidé de mettre en place un workshop à l’initiative des étudiants. Ce workshop n’est pas une grève, il est force de proposition et se veut un laboratoire d’expériences et de recherches pédagogiques nourri par les réflexions des étudiants mobilisés et par leurs expériences de travail. Nous sommes conscients de notre statut de privilégiés vis a vis des étudiants des autres écoles d’art: de par notre affiliation au Ministère de la Culture et l’importance des budgets qui nous sont alloués, l’EnsAD peut se vanter d’être une des écoles les plus prestigieuses de France.
— Nous sommes conscients que la communication faite autour d’événements comme l’exposition « Talents aux Arts Décos », les portes ouvertes, au sein d’articles de presse ou d’autres publications, sert indirectement nos intérêts puisqu’elle renforce l’image positive de l’école, et donc celle de ses diplômés.
— Pourtant il semble que l’energie déployée dans cette communication et cette "mise en avant" médiatique de l’école ne se retrouve pas dans l’élaboration d’une ligne pédagogique audacieuse. Nous avons l’impression que l’image de l’École compte plus que la formation effective de ses étudiants. L’EnsAD suit une stratégie de rentabilité à tout prix en mettant en avant les secteurs les plus renommés (ou pouvant facilement séduire les partenaires privés). Au nom de cette rentabilité les prises de risques doivent être réduites au minimum.
— Alors, quelle place pour l’expérimentation des étudiants au sein d’un tel système ? L’école des Arts Déco prend en charge la formation de jeunes adultes, d’artistes, de créateurs, avec pour finalité une intégration dans le monde du travail. On peut sérieusement en douter quand on voit le peu de confiance accordée aux étudiants.
— L’école doit, selon nous, être un terrain d’expérimentations et doit responsabiliser ses étudiants face à ses outils de formation (ateliers, savoirs, matériel, etc.).



ETAT DE FAIT

Le fonctionnement actuel des instances de l’École ne permet plus un fonctionnement démocratique et, plus grave, ne permet plus une élaboration innovante et audacieuse de sa pédagogie. Depuis quinze ans, les baronnies de secteurs s’installent qui ont la main mise sur l‘école et lui dictent ses choix pédagogiques et budgétaires. La dernière direction a permis à certains coordonnateurs de secteur de faire leur nid, instaurant par la même, pour assoir leur pouvoir, une coordonnation par la terreur (enseignants vacataires, postes de titulaires dévolus aux enseignants obéissants, syndiqués menacés...). Profitant de la réintégration dans les locaux de la rue d’Ulm, après une délocalisation à Ivry-sur-Seine de 1996 à 2004, ces mêmes coordonnateurs se sont réservé la part du lion. détournée, amenant peu à peu le Collège des Coordonnateurs à remplacer le CER dans son rôle décisionnel de la ligne pédagogique de l’école. L’Indéniable et les étudiants mobilisés qu’il représente, proposent la création d’un Collège des Représentants Étudiants de Secteur (CRES), visant à équilibrer le Collège des Coordonnateurs. L’Indéniable exige l’élection de représentants de chaque secteur par année, et la tenue semestrielle de Conseils de Secteurs.



INSTANCES

Réunions de secteurs
Les étudiants de chaque classe élisent leurs représentants qui se répartissent comme suit :
----4 représentants de 1ère année (1 par groupe)
----4 représentants pour chacun des 10 secteurs (1 par année, de la 2ème à la 5ème)
— Les Réunions de Secteur sont composées des 4 représentants étudiants, du coordonateur, et de 4 enseignants du secteur. Elles se tiennent deux fois par an, et abordent le bilan général du secteur et les propositions d’évolutions pour le projet global. Leurs synthèses alimentent les travaux du Collège des Représentants Étudiants de Secteur et du Collège des Coordonnateurs.

Collège des Représentants Étudiants de Secteur
Est créé le Collège des Représentants Étudiants de Secteur (CRES). Il est composé d'un représentant de chacun des 11 secteurs, désigné parmi les quatre représentants de secteur. Il est force de proposition quant aux attentes et aux difficultés pédagogiques et techniques rencontrées par les étudiants au cours de leur cursus. Il est l’équivalent du Collège des Coordonnateurs. Il est informé de toute question d’organisation pour laquelle il peut être sollicité. Le collège alimente la réflexion quant à l’élaboration du programme pédagogique, de l’emploi du temps, du programme d’expositions prévues annuellement. Il n’a pas de rôle décisionnel.

Conseil des Études et de la Recherche
Le Conseil des Études et de la Recherche de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs est l’instance décisionnelle qui définit et conçoit la ligne pédagogique de l’École. Il a un rôle de recherche et de prospection. Il s’appuie sur les travaux du Collège des Représentants Étudiants de Secteur et du Collège des Coordonnateurs. Il comprend dix-neuf membres. Il est composé : 1.Du directeur des études, président ; 2.De cinq représentants des étudiants élus au suffrage direct par les étudiants de leur niveau ; 3.D’un étudiant issu du Collège des Représentants Étudiants de Secteur ; 4.De cinq représentants des enseignants élus pour une période de trois ans renouvelable une fois ; 5.D’un enseignant issu du Collège des Coordonnateurs ; 6.De deux enseignants-techniciens ; 7.De quatre personnalités qualifiées, dont deux appartenant aux milieux professionnels concernés, désignées pour une période de trois ans renouvelable par arrêté du ministre chargé de la Culture .
Peuvent s’adjoindre, avec voix consultative, le directeur de l’EnsAD, des experts issus de l’établissement ou des personnalités extérieures. Un arrêté du ministre chargé de la Culture détermine les modalités d’élection des membres élus du Conseil des Études et de la Recherche. Les fonctions de membre du Conseil des Études et de la Recherche sont exercées à titre gratuit.

Collège des Coordonnateurs
Les coordonnateurs sont des enseignants élus par leurs pairs ; leur collège a pour mission de rendre compte des enseignements, et de suivre leur évolution. Le collège alimente la réflexion quant à l’élaboration du programme pédagogique, de l’emploi du temps, du programme des expositions prévues annuellement. Il n’a pas de rôle décisionnel. Chaque domaine y a un siège. Les enseignements transversaux y disposent chacun d’un siège, et ne peuvent en aucun cas être mutualisés.
Le directeur est tenu de mettre à disposition des élèves et des personnels de l’École sa feuille de route ministérielle, et de tenir un bilan annuel de ses actions passées et de ses projets futurs.




ORGANISATION PÉDAGOGIQUE

La réforme perpétuelle de la pédagogie doit permettre aux étudiants de différentes années et de différents secteurs de travailler ensemble. Cela se traduit par une réorganisation de la démocratie, des espaces, et des temporalités.
— Du temps doit pouvoir être dégagé de tous cours lors des fins de semestres afin de finir la réalisation des projets.
— Les plateaux de deuxième année doivent se développer sur six semaines.
— Les portes-ouvertes annuelles et publiques de l'école doivent être le fruit d'un projet pédagogique propre.
— La récente réforme de la 4è année doit être abrogée, avant de la redéfinir lors d'un débat sur la temporalité globale du cursus
— Création d'un statut d'enseignant-technicien pour les techniciens d'ateliers afin de faire reconnaître leur rôle pédagogique à sa juste valeur. — L'anglais doit être intégré aux projets, et non plus un "à-côté".
— L'école n'est pas un supermarché pour entreprises, et dans ce sens elle ne doit pas devenir un pôle de développement produit.



L'ESPACE INDÉNIABLE

L’organisation actuelle des espaces ne permet pas la communication entre les différentes années et les différents secteurs, le statut de ces salles est flou, certaines sections comme la section DGMM dispose de 363,6 m2 pour 72 étudiants (soit 5,05 m2 par étudiant) alors que l’image imprimée ne dispose que de 186,9 m2 pour 79 étudiant (soit un ratio de 2,37m2 par étudiant).

Comment résoudre ces inégalités ?
Nous proposons de réorganiser l’ensemble des espaces alloués aux étudiants, soit 26 salles, avec:
— des plateaux inter-années, inter-disciplinaires, qui seraient des ateliers de projets modulables
— Accès nominatif à ces ateliers (système de cartes / clés....) sur le modèle de l’EnsCI, l'EnsBA ou la Fémis, 7j/7, ainsi que durant les vacances, avec une période de congés liée au calendrier administratif.
— des salles de cours polyvalentes disponibles sur réservation.

Les conditions de la responsabilisation des étudiants
Cette organisation permettrait aux étudiants de s’approprier et d’organiser leur espace de travail, l’atelier devenant un espace de création privilégié et autonome. Cette répartition des espaces amène à plus de responsabilité pour l'étudiant, à un développement plus personnel des projets, et à un intervention des professeurs toujours tournée vers le suivi de projet.







ON EN PARLE CHEZ

MOUVEMENT
LIBÉ1
LIBÉ2
ÉTAPES
PARIS-ART
OWNI (avec de très chouettes photos).