Suite à la chute du mur de Berlin, de nombreuses manifestations ponctuent la fin de l’année 1989 en Tchécoslovaquie. Sont créés à ce moment de nombreux comités de grèves et diverses organisations, qui cherchèrent notamment à contrer le contrôle des médias opéré par le gouvernement, en travaillant à une diffusion alternative des informations. Parmi ces orgas, Le Forum civique, dont la galerie Mánes fut un des points centraux de cette mission informative.
« C’est ainsi que les affiches politiques entrèrent en scène. Des étudiants et des acteurs célèbres partirent ensemble dans les rues de Prague, visitant les usines, informant les employés des violences policières commises sur les étudiants dans la Národni třida à Prague et des manifestations antigouvernementales quotidiennes. Dans le même temps, ils collèrent des affiches dans les villes tchèques et slovaques et distribuèrent des tracts et des journaux indépendants. Les façades grises et délabrées des villes communistes tchécoslovaques se transformèrent en un énorme espace bariolé d’affiches.
[…] Les affiches ont été un moyen sûr d’informer sur la grève générale ou les positions du Forum civique (la principale force d’opposition conduite par Václav Havel). Par leurs formes colorées et ludiques, les affiches ont immédiatement attiré l’attention et les personnes se rassemblaient devant. Elles étaient, d’ordinaire, collées au mur, entourées d’autres imprimés, flyers, manifestes et textes en tout genre »*

La galerie Mánes de Prague fut donc très rapidement un point de ralliement et un lieu de travail collectif de l’opposition au gouvernement. Là-bas étaient rassemblées des activités comme la collecte des informations, l’impression de certaines affiches et tracts et l’organisation de la diffusion.
Des artistes militants venaient y chercher des sujets et des informations auprès du Forum civique et proposaient le lendemain les affiches créées à partir de ce contenu. Lorsqu’elles étaient jugées conformes aux idées de l’organisation, elles étaient imprimées sur place ou, parfois clandestinement, chez des imprimeurs amis. Puis elles étaient diffusées à travers le pays par convois de voitures.
Un espace de la galerie était destiné au travail d’atelier. Ainsi des étudiants en art, entre autres, s’affairaient à y préparer des banderoles ou des tracts, mais aussi des affiches ou des signes qui seraient réutilisés par les révolutionnaires.

* Filip Blažek, « Ces affiches qui bouleversèrent nos vies », Étapes, n°170, juillet 2009. p.59
** Étienne Hervy, « Interview Filip Blažek », Étapes, n°170, juillet 2009. p.65

Ressources papier :
→ Filip Blažek, Plakáty sametové revoluce, Posters of the Velvet Revolution, Nakladatelskí XYZ, 2009.
Étapes, n°170, juillet 2009.

photographie : Tomki NěmecUn noël clame avec le Forum civique, Michal Cihlář, 776 × 566 mm, offset.Forum Civique, Prague, graphisme : Michal Cihlář, photographie : Stanislav Slavický, 464 x 850 mm, offset.Grève générale, Karel Čpek, 610 × 850, sérigraphie.photographie : Tomki NěmecGloria in exelcis Forum civique !, Pavel Beneš, 809 × 585 mm, offset.photographie : Pavel ŠtechaFin de la règle du parti unique ! Ivan Král, 605 × 860 mm, copie offset de la sérigraphie originale.photographie : Miloš FikejzLa Vérité vaincra, graphisme : Bratrstvo, photographie Václav Jirásek, 510 × 854 mm, offset.Printemps 68, automne 89, Forum civique, Tchécoslovaquie, Aleš Najbrt, 600 × 840 mm, sérigraphie.photographie : Pavel ŠtechaForum de discussion sur le futur rôle de l’artiste en ČSSR, Frantisěk Skála, 860 × 610 mm.Forum civique, Pavel Šťastný, 637 × 469 mm, offset.photographie : Karel CudlínRostislav Vaněk, 390 × 360 mm, offset.Tchécoslovaquie, auteur inconnu, 733 × 1019 mm, sérigraphie.Cela s’est passé sur Národní třidě le 17 novembre 1989, graphisme : Milan Kincl, photographie : Alěs Lamr, 580 × 820 mm, offset.Pour un socialisme plus heureux, Jiří Votruba, 420 × 590 mm, offset.photographie : Karel Cudlín