«Pourquoi faites-vous ce que vous faites?»

(Une question de Sarah Cleeremans, Bruxelles)

Il y a comme une évidence pour nous à faire les choses comme on les fait, à se pencher sur des questions sociales et politiques, à travailler sous la forme d’un collectif, à poursuivre une recherche artistique, à se lier à des structures volontaristes qui (comme nous) cherchent ardemment à bien faire. En tâchant de ne pas reproduire des pratiques imbéciles. En essayant de ne pas participer à la grande merde capitaliste. Nous ne revendiquons pas une position de «purs», d’experts ou de chevaliers blancs, nous cherchons juste à faire de notre mieux. Tout ça pour nous amener à une harmonie, un équilibre, entre ce que nous sommes, ce que nous pensons et ce que nous fabriquons. Une sorte de transcription personnelle de nos désirs dans une pratique quotidienne.

C’est par exemple comme cela que nous sommes vites venus à cette pratique collective. Que nous plaçons l’importance de notre travail après celui de nos vies intimes. Que nous préférons gagner peu d’argent mais ne travailler qu’avec des personnes qui nous intéressent. Que nous cherchons toujours à réaliser des choses généreuses et colorées, jamais cyniques ou pessimistes. Que nous aimons consacrer du temps à partager nos expériences. Que nous travaillons parfois gratuitement, par conviction militante et liens d’amitiés, mais jamais pour « la bonne cause » ou par charité.

Alors nous, Nicolas, Geoffroy et Adrien de Formes Vives, nous faisons du graphisme. Nous créons des images, des signes et des objets éditoriaux avec d’autres. A-t-on franchement besoin de ces artefacts pour bien vivre? Peut-être que non? Ou peut-être un peu quand même? Nous, nous aimons les images, et nous prenons beaucoup de plaisir à en faire de nouvelles, à les travailler, les parfaire, les imprimer, les voir se diffuser. Toutes ces formes permettent à des personnes (nous compris) de s’exprimer, de partager des idées, d’exister publiquement. Ce n'est pas rien.

Nous aimons également la modestie de notre métier presque-inutile. Faire du cinéma, du théâtre ou de la musique ce serait une autre histoire. Que vaut une bonne affiche face à un grand film, un morceau de rock jouissif ou un époustouflant spectacle de danse contemporaine? Pas grand chose émotionnellement parlant. Mais l’affiche, l’identité visuelle ou la maquette de journal, si elles n’ont pas la même force percutante que d’autres médiums, ont une belle capacité à se glisser dans les quotidiens, à avoir une présence légère mais potentiellement durable (au moins dans les mémoires). Et nous croyons qu’elles peuvent aussi enrichir le regard de chacun, participer à une culture commune et donner un peu de plaisir.

Enfin voilà un peu pourquoi «nous faisons ce que nous faisons», parce qu’on aime ça, on se plait à créer et offrir des formes. Et qu’on a réfléchi à comment le faire intelligemment aujourd’hui. D’ailleurs on nous encourage régulièrement à persévérer dans cette voie, ce qui est bien sûr stimulant. Mais peut-être demain on fera les choses différemment, ou on fera autre chose, et il faudra nous reposer la même question.

Precarity Pilot interview

Pour celles et ceux qui voudraient lire (en français) notre entretien donné à l’équipe de Precarity Pilot, déjà lisible (en anglais) sur leur très bon site, parmi d'autres entretiens et autres textes intéressants…

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Formes Vives invité dans le Gratin sur Radio Campus Paris!



De passage sur Paris fin octobre, nous avons été invités par Yassine dans «Le Gratin» sur Radio Campus Paris. L'émission est maintenant écoutable et téléchargeable sur le net! Au choix: sur le site de Radio Campus Paris ou sur le site de l'Articho.



Yassine anime le site l’Articho, il dessine, il édite et il anime donc Le Gratin. Tout ça avec l'œil acéré de ceux qui parlent en faisant.
Outre notre positionnement politique et notre manière de travailler, la discussion est l’occasion d'aborder notre travail plastique, l’aspect esthétique de nos images (ce qui nous arrive pas si souvent au final). Nous avons aussi parlé de la nouvelle identité visuelle de Radio Campus Paris réalisée par nos soins. On détaillera ce travail ici quand tout ça sera un peu plus «installé» (nouvelle maquette de site, affiches dans la rue, décoration des locaux…), quelques images sont quand même à voir ici.

Entretien avec Mateo Broillet

«Dans le cadre de mon projet de mémoire de troisième année développé à l'École cantonale d'art de Lausanne avec Alexandru Balgiu et Deodaat Tevaearai, je souhaite poursuivre une réflexion sur la notion de formes et d'images politiques. Dans ce sens, je souhaite savoir si vous seriez disponibles pour un entretien composé de quelques questions sur votre pratique et votre engagement.»
Mateo Broillet, 4 janvier 2014.

Les questions de Mateo nous ont intéressé, notamment celles qui touchent des sujets que nous n’avions pas eu l’occasion d’aborder jusqu’ici (dans la rubrique «Textes Formes Vives» vous pouvez retrouver nos précédents entretiens écrits avec des étudiants). Du coup, nous avons pris le temps d’y répondre tous les trois, de manière détaillée (c’est un peu long!). Les images qui accompagnent l’entretien sont pour la plupart extraites de notre site (elles renvoient aux travaux en question).

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Militanti e contenti



Progetto Grafico est la seule revue italienne entièrement consacrée au design graphique. Éditée par l’AIAP (Associazione italiana design della
 comunicazione visiva) et publiée en bilingue (italien + anglais), ce semestriel tend à devenir «un forum critique sur le graphisme international» en proposant des articles bien poussés, amplement référencés avec de riches recherches iconographiques.
Pour le numéro 22 de cet automne axé sur «l’espace commun», nous avons l’honneur de figurer dans le sommaire aux côtés d'articles hétéroclites abordant aussi bien le fameux Whole Earth Catalog, que le travail des signes dans l'espace public à l'université libre de Bolzano ou encore ce surprenant workshop sur des identités spontanées pour la ville de Pérouse.

C'est au travers d'une interview réalisée par Claude Marzotto que nous présentons l’atelier Formes Vives, son fonctionnement, ses boulots, ses hypothèses, ce qui nous permet aussi de revenir sur les passions et les désirs qui ont fait germer ce collectif, tout ça sur fond de belles doubles-pages finement composées.

On propose ici la version française de l’entretien.

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Les Ambitieux géographiques



Comment le design en général et le graphisme en particulier peuvent entretenir un rapport singulier et sensuel avec les lieux, s’y mouvoir en quelque sorte? Comment ces métiers se risquent parfois dans l’activisme et les situations, dans les gestes et les paroles, à devenir une pratique environnementale? Certes, le paysagiste, l’architecte ou le scénographe n’ont de cesse d’aller et de venir sur ces espaces de création, mais le graphiste lui, semblerait greffé au bureau et à la machine.
Le nomadisme comme Poétique de la géographie m’est apparu comme une réponse possible pour entamer une ballade dans ce paysage atypique et chercher les mots, les figures et les sentiers appropriés pour faire surgir une culture. Elle pourrait alors définir un idéal personnel, un imaginaire du moment, sans les œillères mais avec les chaussures de marche. Elle manifesterait l’ambition de bâtir un terrain de jeu en devenir et servirait j’espère de socle assez stable pour scruter d’en haut le design non plus comme une forme figée dans l’objectivité mais peut-être comme un paysage où des arpenteurs / créateurs tracent aussi des sillons dans la terre battue pour dessiner bien sûre mais aussi pour y ramasser les graines vertueuses des projets à partager.

Après un travail d'analyse de certains enjeux du dit-design qu'ils soient politiques, sociaux ou écologiques, je me suis penché sur des pratiques variées et généreuses d'artistes, graphistes, illustrateurs, architectes, écoles... qui ont la bougeotte. Parfois c'est le déplacement d'atelier pour produire sur place qui les motive, d'autre fois c'est la randonnée ou l'économie de moyen, ou encore la question de l'hôte et de l'accueil. Les capacités d'adaptation et de création dont font preuve ces acteurs amènent à repenser un certain rôle social de ces métiers.

Mémoire de Geoffroy Pithon, Ensad 2011, à lire ici.




Entretien avec Charlotte Corneloup et Jessica Lisse

«Nous sommes deux jeunes filles en (robe à) fleur passant leurs journées dans une école de graphisme lyonnaise (DSAA Graphisme, Édition, à La Martinière).
Dans le cadre de l'édition d'un magazine traitant du processus créatif, nous aurions souhaité vous poser quelques questions. Nous aimerions en savoir un peu plus sur vos méthodes de travail, et notamment sur la façon dont vous vous dépêtrez des centaines d'idées qui vous viennent sans doute à l'esprit.»

Jessica Lisse & Charlotte Corneloup, 10 janvier 2011.

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Entretien avec Alix Neyvoz

«Je suis étudiante en quatrième année à l’ESAG Penninghen à Paris.
Je travaille actuellement sur un petit projet d'édition* dont le thème est ‘la notion de risque en graphisme’, support, message ou organisation.
J’aurais aimé savoir si vous accepteriez de me donner une petite interview, votre point de vue sur cette notion et – pourquoi pas – quelles ont été vos propres prises de risques.» […]
«Ces textes feront l’objet d’une publication unique, dans le cadre d’un sujet proposé par Charlotte Cheetham (Manystuff) et encadré par Bernard Baissait (ex Compagnie Bernard Baissait) et Vincent de Hoÿm (à 2 c’est mieux). Je vous ferai parvenir par courrier un exemplaire photocopié.»

Alix Neyvoz, 2 et 5 janvier 2011.

(*Il s’agit du même projet dans le cadre duquel Morgane Coster nous avait précédemment interrogé sur d’autres thématiques.)

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