L'histoire en musique

«L'histgeobox» fait partie des sites que j'espérais, secrètement, un jour trouver. Son idée, si simple, si nécessaire, est de «proposer de parcourir les programmes d'histoire et de géographie en musique en proposant de courtes notices sur des chansons et morceaux dignes d'intérêt». Tout est dit, sinon qu'il ne faut aucunement être lycéen ou professeur pour y mordre, c'est une mine d'or à feuilleter, vacances ou pas vacances. (Détail de taille pour les anglophobes, les paroles des chansons sont traduites.)

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Chantier, le livre



L'année est terminée, un livre est né.
Après notre mémoire, voilà, au même format, un recueil des petites expérimentations, des rencontres et des lectures de l'année. La réunion et le rebrassage du tout nous amenant à un joyeux travail d'écriture, de composition et d'édition.
Pour s'en mettre un peu plus sous la dent, c'est par là. Le site de Chantier reste bien sûr ouvert.
Dans les semaines à venir nous allons mettre en place un petit système de prêt pour que ce travail puisse se promener entre quelques mains…

Un reportage exemplaire?



Aux articles Les guerres africaines de Vincent Bolloré et Port, rail, plantations : tristes bilans de Bolloré au Cameroun (avril 2009), Le Monde diplomatique donne une suite avec un «bilan en images».
Ici ce sont des images, des photographies d'Isabelle Alexandra Ricq, qui écrivent l'histoire, suivies de près par leurs légendes qui sont autant de recueils de paroles (la journaliste Nomba Danielle accompagne la photographe). On voudrait peut-être en voir et en écouter un peu plus mais sur la question de la quantité nous sommes sans doute coincés avec les habitudes de lecture prises sur Internet.

Nous ne voyons que trop rarement ce type de saisissant mélange entre la photographie de reportage et le journalisme. Trop souvent on donne la parole mais pas le visage, quand ce n'est pas l'inverse. À moins que, pour reprendre l'exemple de journaux de villes, on permette aux citadins de s'exprimer en deux mots, sur des sujets sans profondeurs, et sans que l'on daigne citer leur nom de famille… ils sont là pour meubler, pour divertir, preuve de la «diversité» et de la «démocratie participative» un peu comme le «public» des spectacles télévisés humanisant tant bien que mal des shows absurdes.

Montrer un corps et faire entendre sa voix, avec tendresse, est peut-être la plus juste façon de rendre une dignité aux oubliés, aux gens normaux, et à plus forte raison aux exploités. Sans pour autant qu'il s'agisse d'un déni d'information, bien au contraire.

Bolloré au Cameroun, un bilan en images

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Marie-José Mondzain, L'image n'est rien

Pépite parmi les pépites dissimulées dans l'éparse contenu d'Internet, un opus de l'émission Les amphis de la Cinquième donnant la parole à la philosophe Marie-José Mondzain. Une cinquantaine de minutes pour une exposition des jalons importants de sa recherche sur l'image. Au fil des questions elle glisse nécessairement de son travail érudit à une critique lucide de notre société du spectacle.
Cet enregistrement date de 2003, c'est-à-dire après son article polémique Je ne me sens pas américaine et après la parution de L'image peut-elle tuer? (livre très important pour notre pratique dont nous finirons bien par vous parler ici tôt ou tard).


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Soutenance publique!

L'année se termine, l'heure du «passage» a sonné!



Nous soutiendrons à deux reprises notre projet de fin d'étude, Chantier (le blog vient tout juste d'être mis à jour). Ces soutenances sont publiques et vous — chers lecteurs — y êtes les bienvenus! Nous aurons 40 minutes pour présenter notre travail et échanger avec les jurys, et puis on ira boire des coups après…

1re soutenance (design graphique, la section d'Adrien) :
Jeudi 11 juin 2009 à 18h15

2e soutenance (image imprimée, la section de Nicolas) :
Mercredi 17 juin 2009 à 17h45

Pour information l'amphithéâtre n'est pas très grand (places limitées) et nous devons obligatoirement constituer une liste de nos invités (pour qu'ils puissent rentrer dans l'école!). Nous vous remercions de nous contacter par mail, sans trop tarder, pour «réserver».

D'autre part, nous préparons un livre qui constitue le rassemblement et l'achèvement de notre année de lectures, d'expérimentations et de rencontres. Nous fournirons à nos jurys et à nos invités un lien pour le télécharger (en pdf) — en espérant qu'ils le consultent avec attention, cela donnera de la matière pour discuter par la suite…

Réservation : adrienzammit@gmail.com

Ce sera donc dans l'amphi Rodin,
à l'École nationale supérieure des arts décoratifs,
31 rue d'Ulm, 75005 Paris,
métro Place Monge (ligne 7), RER Luxembourg (ligne B).
(On vous enverra un mail de confirmation.)

Marsha Emanuel, à propos du graphisme d'utilité publique

Nous avons fait la place à de multiples contributions pour le livre que nous préparons actuellement et qui rend compte de notre année de Chantier. Parmi celles-ci, nous comptons un texte très éclairant de Marsha Emanuel sur le «graphisme d'utilité publique».
Après avoir beaucoup croisé cette appellation au moment de notre mémoire Citoyen-graphiste, nous voulions y revenir pour finir d'en comprendre la genèse, l'apogée et son état actuel. Pour nous informer, nous avons évidemment pensé à celle qui fût commissaire de l'exposition Images d'utilité publique et, durant plusieurs années, chargée de mission pour le graphisme à la Délégation aux Arts plastiques.



Graphisme d'utilité publique


D’où vient la notion de graphisme d’utilité publique?

Le «graphisme d’utilité publique» a existé bien avant de recevoir cette dénomination. Il suffit de citer des expériences aussi diverses que l’élaboration des pictogrammes de l’International System of Typographic Picture Education (Isotype) conçus par le sociologue Otto Neurath et mis en œuvre avec le designer Gerd Arntz en Autriche en 1930 dans le but de communiquer des informations statistiques sous une forme visuellement compréhensible y compris pour les personnes analphabètes ; la création du plan du métro de Londres brillamment schématisé par Harry Beck en 1933 et toujours en usage ; ou encore le Works Projects Administration (WPA) aux États-Unis qui, entre 1935 et 1943, s’adjoignit le concours de nombreux graphistes pour réaliser les affiches illustrant les programmes fédéraux développés pour lutter contre le chômage consécutif à la Grande Dépression de 1929.

Le bon traitement de l’information est un souci ancien. Les livres de Edward R. Tufte, The Visual Display of Quantitive Information (1983) et Envisioning Information (1990) offrent maints exemples historiques de mise en forme facilitant la compréhension d’un contenu par le regard. Mais il a fallu attendre une prise de conscience plus directe des liens entre le graphiste, le commanditaire et la société pour qu’une autre appréciation de cet espace de communication apparaisse. Sans doute, celui-ci répond-il aussi à un changement d’échelle du public et des moyens de le toucher. À une société de masse correspond une gestion de masse. Bientôt viendront les productions d’images du réalisme social soviétique et celle des mises en scène perfectionnées du national socialisme.

Deux expositions m’ont permis de procéder à une identification plus précise du «graphisme d’utilité publique» : La première, Le graphisme au service des collectivités, a été organisée pour l’International Congress of Graphic Designers (Icograda) à Zurich en 1977; la seconde, Design néerlandais pour le secteur public, était une exposition itinérante mise en forme par le studio Dumbar pour le Ministère de culture, bien-être et santé du Pays-Bas, en 1979. Dans les deux cas, le propos était d’attirer l’attention sur le rôle que peut jouer le graphisme pour améliorer la vie en société. Les deux expositions tentaient de démontrer que le design est une nécessité, non un luxe. Bien qu’il joue un rôle fonctionnel, il peut aussi contribuer à rendre notre vie commune un peu plus agréable.

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Prolo

Les Piqueteros s'invitent à Ivry-sur-Seine le samedi 23 mai au Hangar.

« À ne louper sous aucun prétexte, ce sont des amis, des camarades, des frangins, de chacun de nous mais aussi de l’Apeis. Ça fait réfléchir, rigoler, et ça donne du sens, on en ressort plus fort et aussi plus ouvert, plus intelligent, mieux, quoi ! »
Philippe Villechalane, Porte-parole de l’Apeis

Prolo est la deuxième pièce des Piqueteros. C'est une troupe de théâtre née de la rencontre entre des chômeurs et des comédiens autour du festival Enrageons-nous! à Brest. Ils ont écrit et joué pendant deux ans, L'armée des ombres, leur premier opus dont j'ai réalisé l'affiche. Ils l'ont notamment joué au congrès national de l'Apeis il y a trois ans. Ils reviennent à Ivry avec leur dernière création que j'ai déjà eu le plaisir de voir et que je retournerais voir.

« Moi, quand j’étais petit, je voulais être... » Au final, que reste-t-il de nos rêves d’enfants, de nos désirs, de nos espoirs ? Six ouvriers, travaillant sans relâche dans un atelier d’usine sordide et aliénant, sont taraudés par ces questions essentielles. Six ouvriers, Grognard, Livresque, Gratte-Couilles, Winners, Farouche et l’Arpette se chicanent et se querellent sans cesse. Mais ils cherchent surtout la meilleure manière de résister à l’exploitation et à l’asservissement. Six ouvriers refoulent la peur et la souffrance. On y croise la sueur, la soumission, l’acceptation, mais aussi la révolte et le défi.
Six prolos se prennent leur quotidien en pleine gueule. Ils vont réagir.

Samedi 23 mai à 20h au Hangar, 3/5 rue Raspail derrière la Mairie d'Ivry. Prix des places : 8/6 euros Réservation téléphonique au 01 72 04 64 25 du mardi au vendredi de 14h à 18h. Métro Mairie d’Ivry.

John Berger, Voir le voir

La fameuse suite d'essais de John Berger, Ways of seeing, a été traduit en français en 1976 (drôle de changement de titre). Ce petit livre, édité chez Penguin Books en 1972, fait suite à une série d'émissions télévisuelles du même nom (cf. ci-dessous).

Il y a un an, dans le premier opus de Back Cover, Peter Bil'ak prenait le soin de nous rappeler à cette lecture fondamentale — un article au demeurant excessivement simplificateur même s'il relève bien l'intelligence de la conception. Il faut savoir que ce livre a été très marquant pour une génération d'artistes (et de graphistes) ; il fût aussi, par exemple, une lecture obligatoire pendant plusieurs années aux Arts déco.
Contrairement à Bil'ak je ne me risquerai pas à tenter une explication du livre, je vous ai simplement scanné l'essai qui porte sur la publicité mais vous invite à consulter l'ensemble des sept essais — dont trois ne sont composés que d'images, censés soulever «autant de questions que les essais verbaux».
À noter également que le livre a été composé à dix mains, co-signés par John Berger, Sven Blomberg (artiste collagiste), Chris Fox (critique), Michael Dibb (producteur à la BBC) et Richard Hollis (graphiste).

Ce livre n'est malheureusement plus édité en français mais vous pouvez sans doute le trouver au détour d'une bibliothèque ou d'un ami quinquagénaire, à moins que vous vous procuriez sa version anglaise — toujours chez Penguin.

Le premier essai traite de ce qu'est, au XXe siècle, notre rapport à l'œuvre d'art — en reprenant explicitement les idées de Walter Benjamin énoncées dans L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique (1935). Le troisième décortique la présence picturale des femmes. Le cinquième traite de la peinture à l'huile à travers notamment les sujets qu'elle a pu représenter.
Et le septième et dernier essai de Voir le voir à télécharger :

Voir-le-voir-Essai7.pdf

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