Article11, 19e et dernier numéro



«It's better to burn out than to fade away» (Neil Young, Hey Hey My My)

PAN! L’ultime numéro d’Article11 papier! Puisqu’il faut savoir «Partir un jour». Une petite semaine qu'il a rejoint les kiosques. À vous maintenant de le dénicher, au tabac-loto-presse de votre patelin, chez un kiosquier approvisionné, dans un Relay de gare, au rayon presse de votre Super U, chez un des rares libraires qu’on se fait le plaisir de fournir. À moins qu’il soit déjà arrivé dans votre boîboîte aux lettres!

Sommairement : Dans ce dix-neuvième numéro qui titube gaillardement en bord de précipice, on passera du temps avec des manouches vivant sur le secteur de la Butte-Pinson, on auscultera la pénitentiaire Ombre du monde en compagnie de Didier Fassin, on retournera en Nièvre pour conclure une enquête sur les déserts médicaux, on discutera avec Omar Benlaala, passé à l’adolescence de la rue à la barbe, on reviendra sur les attentats djihadistes qui ont ensanglanté Paris en janvier dernier, on causera à nouveau PMA, mais cette fois avec Aude Vincent et Aude Vidal, puis avec Judy Squire, on s’interrogera sur le sens de l’émeute avec un insurectionnaliste américain, on méprisera John Wayne et Buffalo Bill en compagnie de l’écrivain Eric Vuillard, et on engloutira de savoureuses chroniques de société, de piquants aperçus historiques et de ragoûtantes envolées littéraires, le tout ponctué de précieuses images que nous sommes heureux de partager avec vous – puis on agitera nos mouchoirs blancs en bord de quai, quelques larmes en embuscade sur nos visages fatigués, un baluchon balancé sur nos musculeuses épaules, lorgnant sur le prochain train pour Bora-Bora ; enfin libres!

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Regarder – Une collection d’art graphique contemporain

Oulala-lala! Voilà des mois et des mois qu’ils nous en parlaient… Un chantier gargantuesque… Et c’est enfin hier que s’est ouverte l’exposition «Regarder» de Vincent Perrottet réunissant de très nombreuses pièces issues de sa collection personnelle (450 affiches + pleins d’autres objets graphiques!) Ça fait mal! On est tout juste en 2015 qu’on peut déjà dire que ce sera la plus fameuse expo de graphisme qui nous sera permis de voir dans cette décennie, sinon dans ce siècle! 450 affiches, et ouais, tout ça à l’Espace Poirel de Nancy et c’est ouvert jusqu’au 6 septembre. J'espère qu'ils ont prévu une aire de camping (si on compte une moyenne d’1 minute par affiche, ça demanderait 7 heures et 30 minutes pour toutes les regarder! Même sur deux jours on risque le coma sérigraphique.)
Et pour ceux qui ont faim, une série de conférences seront données de 12h à 13h30 entre fin avril et début mai!
Toutes les infos pratiques là. Et quelques photos avec de délicieux filigranes de l’Est par ici.

le nouveau clip de Lighnting Bolt est baraqué!

journal mural à la MJC de Croix

La classique formation ÉcraNomade!
Pour la troisième année consécutive je retournais la semaine dernière avec Nicolas Leblanc à la MJC de Croix pour trois jours de stage autour du journal mural. Nous recevions un groupe d'éducateurs venu chercher des idées/outils en vue de pouvoir les ré-utiliser et les adapter au sein de leur structure respective avec des publics jeunes (enfants ou ados).


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L'identité de Radio Campus Paris

Après la livraison de l’identité graphique de Radio Campus Paris l’été dernier, il fallait attendre un peu pour commencer à voir vivre ses formes, qu’elles trouvent leur place dans la quotidien de l’association.
Accompagné d’Hélène et Yassine, nous avons dessiné un peu tout azimut, cherchant l'ambiance que nous voulions donner à la nouvelle identité de la radio. Quelque chose d’énergique, d’un peu fou-fou, dans une veine DIY qui renvoie à l’héritage des radios libres mais aussi à la débrouille et à la bricole qui sont l’apanage d'une petite radio comme RCP. Et puis comment penser un système qui s'adapte chaque année à des nouvelles têtes, nouvelles ambiances, nouvelles cultures? Comment se présenter, se singulariser sans se caricaturer?



Après moult recherches, nous avons abouti une signature — clin d'œil aux fanions des universités américaine.



Loin d'en faire une forme sanctuarisée, on joue de l'éclatement du logo pour composer des affiches, kakémonos, aux couleurs (nouvelles) de la station. Nous avons notamment conçu un ensemble de trois affiches qui — collées côte à côte — se prolonge l'une l'autre sur les côtés, par dessus ou en dessous, indifféremment pour remplir un mur de bruits. Les affiches ont été tirées pour fêter la peau neuve de Radio Campus (identité visuelle, site et jingles nouveaux!) Elles sont déclinées au format carte postale qui peuvent être récupérées au près de la radio.







Tony Allen dans les studios de la radio.



Le site a été composé dans un même esprit visuel «joyeux bordel», en reprenant des éléments de la série d’affiches. Mais les fonctionnalités et l'ergonomie sont assez classiques. Il est en ligne depuis quelques mois déjà!



Yassine nous avait invité en novembre dernier dans son émission «Le Gratin» sur Radio Campus. Vous pouvez toujours écouter cette émission où nous présentations Formes Vives et évoquions notre démarche.
Sur l’ancien site de la Radio on trouve aussi deux billets consacrés à notre travail «RCP fait peau neuve #1 : l’identité visuelle» et «RCP fait peau neuve #3 : le nouveau site».

Lundi.am, ingobernables

Cette semaine vous pourrez trouver entre-autre sur lundi.am, un retour sur la manifestation de Francfort du 18 mars dernier et plein d'autres choses captivantes. Tous les lundis des nouvelles fraîches de ceux qui bougent. Extrait.

Dans un premier temps, à la fin des années 1990, les contre-sommets ont surpris les dominants. Passé leur premier désemparement face à cette étrange forme de surgissement politique, ils rodèrent leurs stratégies. D’un côté, l’Union Européenne pilota une infiltration massive des milieux concernés ; de l’autre, on déroba toute cible aux manifestants en se réunissant dans les lieux les plus reculés, voire en ne se réunissant plus du tout, du moins pas publiquement. Ainsi en juillet dernier, un sommet européen sur « l’emploi des jeunes » devait se tenir à Turin où devait être présentées le genre de « solutions innovantes » qui divisent votre salaire par deux ; il fut décommandé et déplacé, au vu de l’ampleur des manifestations qui s’auguraient. Draghi ayant eu l’idée stupide de faire de l’inauguration du nouveau siège de la BCE à Francfort une « grande fête populaire », il était devenu impossible de simplement renoncer à l’événement, sauf à concéder l’étendue de son impopularité. Il crut tout aussi bêtement qu’il désarçonnerait la contestation en se contentant d’inviter, à défaut de « grande fête populaire » en présence des chefs d’État de l’Union tout entière, les seuls banquiers centraux. Il n’en fut rien. Ce recul enhardit plutôt ses opposants.

Sin Dios — Ingobernables (2000)

Du management au travail



Petit état des lieux des logiques du management à l’œuvre aujourd’hui avec, en guise d’étude de cas, le conflit social en ce moment même à Radio France. «Février / mars 2015 à RadioFrance — Extraits d'Assemblées Générales et de rencontres entre les salariés et la direction de Radio France éclairés et analysés par Danièle Linhart et Vincent de Gaulejac, sociologues du travail.»



En contrepoint, le documentaire Le Bonheur au travail diffusé récemment sur Arte et visible en ligne jusqu'au 25 avril, rapporte des exemples d’entreprises et de services publics qui essayent de mettre en place des pratiques plus horizontales et plus épanouissantes pour chacun des travailleurs. C'est pas mal intéressant même si le tableau paraît des fois un peu trop beau!

«Pourquoi faites-vous ce que vous faites?»

(Une question de Sarah Cleeremans, Bruxelles)

Il y a comme une évidence pour nous à faire les choses comme on les fait, à se pencher sur des questions sociales et politiques, à travailler sous la forme d’un collectif, à poursuivre une recherche artistique, à se lier à des structures volontaristes qui (comme nous) cherchent ardemment à bien faire. En tâchant de ne pas reproduire des pratiques imbéciles. En essayant de ne pas participer à la grande merde capitaliste. Nous ne revendiquons pas une position de «purs», d’experts ou de chevaliers blancs, nous cherchons juste à faire de notre mieux. Tout ça pour nous amener à une harmonie, un équilibre, entre ce que nous sommes, ce que nous pensons et ce que nous fabriquons. Une sorte de transcription personnelle de nos désirs dans une pratique quotidienne.

C’est par exemple comme cela que nous sommes vites venus à cette pratique collective. Que nous plaçons l’importance de notre travail après celui de nos vies intimes. Que nous préférons gagner peu d’argent mais ne travailler qu’avec des personnes qui nous intéressent. Que nous cherchons toujours à réaliser des choses généreuses et colorées, jamais cyniques ou pessimistes. Que nous aimons consacrer du temps à partager nos expériences. Que nous travaillons parfois gratuitement, par conviction militante et liens d’amitiés, mais jamais pour « la bonne cause » ou par charité.

Alors nous, Nicolas, Geoffroy et Adrien de Formes Vives, nous faisons du graphisme. Nous créons des images, des signes et des objets éditoriaux avec d’autres. A-t-on franchement besoin de ces artefacts pour bien vivre? Peut-être que non? Ou peut-être un peu quand même? Nous, nous aimons les images, et nous prenons beaucoup de plaisir à en faire de nouvelles, à les travailler, les parfaire, les imprimer, les voir se diffuser. Toutes ces formes permettent à des personnes (nous compris) de s’exprimer, de partager des idées, d’exister publiquement. Ce n'est pas rien.

Nous aimons également la modestie de notre métier presque-inutile. Faire du cinéma, du théâtre ou de la musique ce serait une autre histoire. Que vaut une bonne affiche face à un grand film, un morceau de rock jouissif ou un époustouflant spectacle de danse contemporaine? Pas grand chose émotionnellement parlant. Mais l’affiche, l’identité visuelle ou la maquette de journal, si elles n’ont pas la même force percutante que d’autres médiums, ont une belle capacité à se glisser dans les quotidiens, à avoir une présence légère mais potentiellement durable (au moins dans les mémoires). Et nous croyons qu’elles peuvent aussi enrichir le regard de chacun, participer à une culture commune et donner un peu de plaisir.

Enfin voilà un peu pourquoi «nous faisons ce que nous faisons», parce qu’on aime ça, on se plait à créer et offrir des formes. Et qu’on a réfléchi à comment le faire intelligemment aujourd’hui. D’ailleurs on nous encourage régulièrement à persévérer dans cette voie, ce qui est bien sûr stimulant. Mais peut-être demain on fera les choses différemment, ou on fera autre chose, et il faudra nous reposer la même question.

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